The Grandmaster

Un beau film de Wong Kar Wai. Le récit ample surprend régulièrement par ses ellipses frustrantes et ses retours en arrière ; en s’étendant sur plusieurs années, il se construit parfois sans toujours être clair dans ses motivations (pourquoi cette scène-là dans un flashback, etc). Néanmoins, cette amplitude va pour un propos pertinent et intéressant sur le motif du temps qui passe au prisme des bouleversements historiques, si bien qu’elle ouvre sur quelques variations du film de kung-fu étonnantes. En ce qui concerne les scènes de combat, la première laisse dubitatif, peu lisible, elle mise sur les détails de la pluie (comme d’autres l’ont fait, on se souvient), tandis que toutes les autres auront été plus claires dans leur pensée même : du combat qui a tout d’une danse amoureuse au combat plus près d’un jeu de stratégie politique, ils font systématiquement le récit et d’une bien jolie manière. C’est aussi l’intérêt du film qui trouve, dans son ampleur, un ton très intimiste près de ses personnages, entre le peu de décors et les façons de parler. On pourrait trouver à redire sur cette résurgence 2046, sur l’ensemble du film dont on n’est pas sûr d’avoir bien saisi ce qu’il disait en définitive, d’où quelque perplexité face à certaines scènes par ailleurs et l’émotion très rare. Bref, un film envoûtant, qu’on aurait aimé vivre davantage.

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