Bron/Broen (The Bridge), saison 1

Bron/Broen, créée par Hans Rosenfeldt, est une série suédo-danoise, dont la saison 2 est en cours de diffusion. Les remakes s’accumulent (The Bridge US, Tunnel FR/ENG…), et la série originale semble bien représenter un modèle à suivre en matière de fiction policière feuilletonnante. Le savoir-faire suédois/danois n’est plus à prouver et l’enquête longue, sur une dizaine d’épisodes, tient sa force dans la construction de sa narration tandis que la série se fonde une identité propre grâce à sa réalisation et ses protagonistes.

/!\ Cette critique spoile la saison 1 /!\

Bron, ce n’est pas une enquête linéaire, mais des lignes qui se croisent, que la série saisit à un point 0 pour nous emmener ensuite jusqu’au moment de croisée avec une autre ligne : c’est remonter les concours de circonstances qui donnent insensiblement une force dramatique aux événements meurtriers ; ainsi suivre une adolescente délaissée par ses parents passer la nuit chez un homme pion dans l’échiquier du tueur en série. C’est éclairer la toile tissée par le tueur pour arriver à son cœur, resserrer l’intrigue policière autour de petits faits personnels de la vie de deux hommes. Et certes parfois, le jeu des coïncidences est plus difficile à accepter (l’enquêteur qui débarque dans l’appartement juste après que son occupant qu’on suit depuis un moment a tué un homme)… Mais d’une manière générale, l’écriture est exemplaire, surprenante, impressionnante lorsqu’elle joue de tension et de détente en l’espace de quelques minutes.

Et c’est une de ses grandes qualités : le sens du rythme, pour des épisodes d’une cinquantaine de minutes, est précis et toujours efficace. La série ménage de grands moments de tension (la fin du pilot par exemple), et sait jouer en même temps de son atmosphère contemplative ; de même, elle peut basculer du comique le plus amusant qui soit vers l’émotion à l’inverse éprouvante. Cela tient naturellement à son duo d’enquêteurs, deux personnalités éloignées selon un dispositif pour le moins classique, dont les échanges sont constamment savoureux : la joie de vivre de Martin, la franchise brute de Saga (et l’interprétation juste dans les deux cas), et peu à peu la reconnaissance, la complicité, voire l’amitié prennent forme pour donner une ampleur dramatique au finale incroyable.

Bref, regardez Bron ! (et regardez-la avant de tenter les remakes)

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