Le Visiteur du Futur, saison 4

Ah, Le Visiteur du futur ! Trois tentatives, trois échecs, puis, miracle, une saison 1 dévorée… je m’enthousiasmais pour les aventures du Visiteur, et j’étais encore plus impressionnée par la très bonne saison 2. Du rythme, du suspense, de l’épique, la construction d’une équipe attachante, bien plus que l’humour, tout cela m’avait définitivement convaincue. Mais, après 4 saisons, on peine à retrouver ce souffle, et la série semble poser des questions essentielles pour ne finalement trouver que de nouveaux moyens d’éviter d’y répondre : en saison 3, la sauce prenait encore, en saison 4, on ne suit plus que d’un œil cette sorte d’aparté sans énergie qu’est Néo-Versailles.

Le Visiteur du futur s’enroule autour de ce nœud insoluble, entre paradoxe temporel et enjeu moral : les actions du visiteur  effacent en partie le futur, qui est le présent d’autres personnages,… sont-elles alors seulement légitimes ? D’où la brigade temporelle, d’où les Lombardi… Dans les deux premières saisons, ce problème était aussi bien point de départ que conclusion, mais aura-t-on obtenu une réponse satisfaisante ? Celle proposée par le visiteur, d’un monde parallèle, est-elle vraiment recevable ? Et d’ailleurs qu’en a-t-on fait ? C’était aussi la force de la saison 2, qui ne prenait pas parti et laissait voir s’affronter deux positions parfaitement compréhensibles, quand la saison 3 a plutôt progressé vers un conflit classique et manichéen, ouvrant tout de même sur des révélations intéressantes.

À vrai dire, on aurait presque préféré que, précisément, la série prenne un parti après ça, et l’assume, quitte à être plus sombre, voire à adopter le point de vue de la brigade temporelle, une démarche plus inventive et certainement plus intéressante que celle qui consiste à simplement immobiliser le Visiteur dans cette impasse en saison 4. Maintenant, la saison de la crise personnelle aurait pu, après tout, donner lieu à quelques développements forts aussi, mais malheureusement, nous n’aurons pas eu droit non plus à quelque chose de très convaincant de ce côté-là.

Le Visiteur joue à être le visiteur dans une ville en carton pâte sur laquelle règne une reine un peu naïve, le fameux conseiller qui conduit ses petites intrigues, et sa cour… tandis que la colère du peuple monte, peuple réduit par ailleurs à une série de personnages tout simplement idiots. Il y avait quelque chose de prometteur là-dedans, mais voilà à peu près ce qui en ressort ; rien qui ne compense la faiblesse de l’intrigue du visiteur, de Raph et de Stella, qui rejouent leurs aventures pour recevoir la reconnaissance d’un public trompé.

En somme, on ne sait pas exactement ce que cette saison a bien voulu nous dire, si ce n’est que le Visiteur avait besoin de retrouver un peu de sens à ses actions, et quand bien même, la fin marque donc un retour à la case départ, dans le compromis de l’existence de la brigade et de celle du visiteur : certes, mais une fois de plus, la manière n’a pas été très convaincante, puisqu’on n’a pas tellement senti évolué les personnages et leurs réflexions durant toute cette saison. De plus en plus séparés, éloignés les uns des autres, ils sont cette saison à l’autre extrême de ce qu’ils étaient en saison 2, pourquoi pas ? À condition que cela devienne justement l’occasion d’une réelle réflexion, qu’on s’y confronte, qu’on expose les points de vue et qu’on donne du sens au conflit, qu’on fasse ressentir la nécessité aussi bien fonctionnelle qu’émotionnelle du groupe, du trio en l’occurrence constitué de Castafolte, Raph et du visiteur. Autant dire qu’on est déçu.

Bref, il faut reconnaître à la série son progrès technique, la réalisation, le décor, l’interprétation ; on croit à ce qu’on voit et rien ne vient entacher le visionnage dans cette quatrième saison. Néanmoins, ce n’est plus la qualité des enjeux des deux premières saisons, et le finale, certes intense et rythmé, perd en force épique dans la mesure où on n’aura pas été complètement là cette saison et qu’on n’aura eu du mal à s’investir dans le récit limité, sans grande surprise, de Néo-Versailles. On se raccroche alors à quelques gags, aux personnages qu’on apprécie, à, quitte à faire, la romance entre Castafolte et la barone, sans grand enthousiasme…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut