Black Panther Affiche

Ryan Coogler, qu’on connait pour l’excellent Creed (2016) notamment, est donc aux commandes du dernier Marvel en date : Black Panther. Le héros qui a déjà fait son apparition dans le Marvel Cinematic Universe était tout naturellement attendu au tournant, dans la mesure où le film est aussi le premier véritable grand film de super-héros dont le cast est majoritairement noir. Le film tient en partie ses promesses, porté par une charge politique forte et actuelle, mais desservi par une exécution moins convaincante.

Wakanda Forever

Black Panther a le mérite de ne pas entièrement rentrer dans les codes des Marvel, a fortiori des films d’introduction de certains de ses héros, souvent limités à une exposition laborieuse et convenue. Pas de paysage new-yorkais, de guest stars venues du MCU, non, le film s’assume totalement dans son décor Wakandais, respire sa culture mythologique et lui rend hommage, jusque dans ses failles. La bande-originale est la marque la plus flagrante de cette identité, s’appuyant sur des chants et percussions qui rythment le film tout du long.

Le film de Coogler reprend malgré tout la recette du roi qui doit prouver qu’il mérite son titre, au-delà du simple héritage et du pur rapport de force, mais la subvertit de telle sorte que l’intrigue prend un tour politique bienvenu et essentiel. En s’élevant ainsi, Black Panther propose un récit engagé dont la portée dépasse la fiction tout en approfondissant son antagonisme principal.

Un manque d’ampleur

On peut regretter toutefois l’absence relative de ceux que le film entend défendre, en ne montrant du Wakanda que l’élite royale et quelques membres de ses tribus. Le personnage de Martin Freeman, agent de la CIA, détonne considérablement et impose de s’interroger sur sa réelle nécessité tant son intégration semble forcée. De fait, c’est aussi la faiblesse de Black Panther dont l’ampleur réelle du propos ne se ressent et se voit pas tant à l’écran, notamment dans une bataille finale limitée.

En revanche, la galerie de personnages secondaire est une force indéniable du film. Les figures féminines, comme les chefs de tribu et le méchant, sont de grandes réussites. Ce sont des personnages complets, politiques, solidement interprétés (excellent Michael B. Jordan), au point qu’ils enthousiasment davantage que le protagoniste lui-même. De la même façon, les scènes d’action sont moindres et à la limite de la lisibilité (d’autant plus si vous regardez le film en 3D), même peu inspirées en comparaison au potentiel de Black Panther. On en retient plus une séquence très bondienne, engageante, rythmée et étonnante, que la confrontation finale.

Black Panther, malgré ses faiblesses, est dans le haut du panier des productions Marvel. Le film de Ryan Coogler enthousiasme par sa portée politique et la qualité de ses personnages secondaires avant tout. On espère vite retourner au Wakanda !

(3 / 5)

Réalisation : Ryan Coogler
Scénario : Ryan Coogler, Joe Robert Cole
Avec Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o
Sortie le 14 février 2018
Action

Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…


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