[Critique] Santa Clarita Diet : une comédie zombiesque addictive et attachante

Une fois de plus, nous pouvons remercier Netflix de nous servir à chaud des comédies toujours plus loufoques et attachantes. Santa Clarita Diet confirme après sa première saison sa qualité de série improbable, bizarre, souvent dégoûtante, mais indéniablement piquante et terriblement addictive !

Peinture corrosive de la petite vie de banlieue

Dès sa première saison, Santa Clarita Diet nous laissait entrer dans le petit monde à première vue confortable des Hammond, caricature évidente de la vie de couple bien rangée des deux agents immobiliers. Cette deuxième saison ne perd pas sa veine corrosive et continue à ce titre de déstabiliser cette représentation convenue de la famille américaine par petites piques successives bien senties.

Maintenant qu’elle a trouvé son rythme, Santa Clarita Diet explore davantage le quotidien de ses protagonistes, en s’attardant notamment sur leur vie professionnelle d’agents immobiliers. Ce n’est sans doute pas là qu’elle se révèle la plus truculente, mais l’association de cette routine à la « dégueulasserie » zombiesque est proprement réjouissante. Parce que oui, la série reste bizarre, dégoûtante et il arrive souvent qu’on ait envie de cacher l’écran d’une main. La série s’assume encore plus dans ses tendances les plus repoussantes mais on parle toujours de zombie après tout !

La comédie s’appuie ainsi dans chacune de ses intrigues sur ce merveilleux décalage d’humour noir et cet improbable relativisme moral, jusqu’au grotesque et l’absurde. En cela, il en faut peu pour y voir une parodie décapante de séries dont elle hérite en partie malgré tout, de Dexter à Desperate Housewives, revu au vitriol et à la bile serbe. Bien entendu, pour en arriver là, on peut saluer la qualité des dialogues et de l’interprétation de Drew Barrymore et Timothy Olyphant, remarquables (quelle alchimie !) pour nous faire croire à l’une des relations et intrigues les plus WTF-esques de l’année. Sans oublier les guests !

Une variation zombi-esque attachante

Au-delà même de sa qualité de comédie noire, Santa Clarita Diet s’avère étonnamment attachante. Et ce n’était pas gagné ! La raison principale de cette réussite est sans aucun doute son sens égal de la caractérisation des personnages, ados comme adultes. Ce qu’on peut souvent reprocher à ce genre de comédie par ailleurs, Santa Clarita Diet l’évite avec talent en proposant, en parallèle de la vie des parents, des intrigues qui ont tout autant d’importance et d’impact du côté des plus jeunes. Liv Hawson (Abby) et Skyler Gisondo (Eric) font preuve du même talent que Drew Barrymore et Timothy Olyphant et bénéficient l’un comme l’autre d’un développement à la fois nuancé et riche. Conséquence évidente : la série parvient cette saison à émouvoir autant qu’à faire rire !

Comme elle a pris le parti de ne jamais remettre en question l’amour de cette famille soudée, la série a su ne pas s’égarer dans ses enjeux émotionnels et leur préférer un développement intrigant de sa mythologie. Maintenant, les ambitions de cette deuxième saison sont telles qu’elle ne parvient pas à aller au bout de l’ensemble de ses intrigues, laissant le spectateur en partie sur sa frustration. L’enjeu principal lui-même n’enthousiasme qu’à moitié et la série elle-même semble avoir du mal à se convaincre de son intérêt, à force de le répéter pour finalement en bâcler sa résolution. En revanche, la démarche manifeste de prendre pied dans une mythologie est plus convaincante et attise la curiosité à mesure qu’on s’avance dans la saison.

Une chose est sûre, Santa Clarita Diet s’apprécie énormément en binge watching, pour la bonne raison qu’elle ne cesse de s’auto-référencer avec une nonchalance qui participe de la drôlerie de l’ensemble. Il faut même être franc, on ne s’embarrasse pas de faire dans le crédible ou le réaliste (en même temps, on parle d’une série de zombies…) et les raccourcis capillotractés à tout va sont les bienvenus dans Santa Clarita Diet ! Et contre toute attente, cela fait aussi partie de son charme.

Comédie noire décapante, Santa Clarita Diet propose dans sa deuxième saison un développement plus riche encore de son univers et devient réellement addictive et attachante. Efficace dès lors qu’elle a trouvé son rythme, la série est aussi portée par l’excellence de son cast et de ses dialogues ! Que dire de plus sinon qu’on en redemande ? Du rab, Netflix, du rab !

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Créateur : Victor Fresco
Avec Drew Barrymore, Timothy Olyphant, Liv Hewson
Sortie le 23 mars 2018 sur Netflix France
Comédie

Joel et Sheila sont mariés. Tous deux agents immobiliers, ils vivent dans l’insatisfaction de leur petite routine tranquille à Santa Clarita, une banlieue de L.A., jusqu’au jour où Sheila subit une transformation spectaculaire qui les attire vers la mort et la destruction… pour le pire et surtout pour le meilleur !

la bande-annonce de la saison 2

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