Happy Birthdead

Happy Birthdead, production de la Blumhouse que nous connaissons notamment pour la franchise Paranormal Activity, est un frisson du dimanche original et intrigant. En reprenant le concept de la boucle temporelle à l’instar du fameux Un jour sans fin pour l’appliquer à l’horreur et au slasher, le film de Christopher Landon n’est pas à la hauteur de ses ambitions.

Un slasher pas si percutant

L’association du concept de la boucle temporelle au slasher whodunnit fait toute la singularité de Happy Birthdead, mais empêche le film d’horreur d’être véritablement percutant. Clairement inspiré des Scream également, du tueur au masque de bébé creepy à l’environnement universitaire, le film n’en a pas gardé le sens de la dérision et lui a préféré une lecture très premier degré, finalement assez plate et stéréotypée. L’entourage de Tree, la protagoniste, ne s’élève jamais au-dessus des figures habituelles du teen movie et l’évolution du personnage qui constitue l’une des principales dynamiques du film reste somme toute convenue.

Variation autour de la boucle temporelle en demie-teinte

Happy Birthdead assume entièrement sa filiation à Un jour sans fin et en reprend avec habileté les codes de la structure narrative. À ce titre, il se révèle très vite efficace parce qu’il stimule naturellement notre attention vers les petits détails routiniers de l’environnement de Tree durant cette journée, dans un mode de visionnage toujours ludique et complice. Attention redoublée de surcroît par le suspense du thriller whodunnit, nettement plus efficace que celui de l’horreur, dans la mesure où le film parvient, sans grande subtilité certes, à rassembler suffisamment de potentiels coupables autour de la protagoniste.

D’un autre côté, on peut presque regretter que cette combinaison slasher/boucle temporelle limite l’enjeu du film à la résolution du crime par sa propre victime, et se contente de laisser graviter en périphérie des réflexions plus superficielles et des expérimentations plus mesurées que celles d’Un jour sans fin. La faute, certainement, à cette intrigue et ce choix de personnage de bimbo qui, avec le temps, évolue en personnage sincère et attachant, mais sans bénéficier d’assez de nuance pour entièrement convaincre ou surprendre. Il faut plutôt s’écarter du film et penser méta pour y reconnaître une pique à la manière des Buffy contre les vampires ou autres slashers modernes, vis-à-vis de la bonne vieille tendance à faire de la bimbo blonde la (première) victime des tueurs, une cruche dont on rit généralement de la mort. Rien de bien neuf non plus ! C’est que Happy Birthdead s’avère bien plus gentillet qu’il ne pouvait le laisser paraître, sacrifiant ses ambitions et/ou son potentiel pour des bons sentiments, malgré quelques touches d’humour noir bien senties.

Happy Birthdead n’est pas à la hauteur de son concept pourtant singulier, comme écrasé par son modèle Un jour sans fin et incapable de faire preuve d’autant d’inventivité et de personnalité que celui-ci. Plus efficace en thriller qu’en film d’horreur, il peut malgré tout se regarder sans déplaisir, comme un whodunnit et teen movie convenu, à l’instar de bien d’autres. 

(2,5 / 5)

Réalisation : Christopher Landon
Scénario : Scott Lobdell, Christopher Landon
Avec  Jessica Rothe, Israel Broussard, Ruby Modine
Sortie française le 15 novembre 2017
Thriller, horreur

Prisonnière d’une boucle temporelle, Tree, étudiante, revit sans cesse le jour de son meurtre. Une journée apparemment banale qui s’achève systématiquement par sa mort atroce. Finira-t-elle par découvrir l’identité de son tueur ?

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.