Mission Impossible Fallout

Dans ce nouvel opus de la grande saga Mission Impossible, Tom Cruise fait encore très fort ! Dirigé comme dans Rogue Nation par Christopher McQuarrie (à qui on doit également Jack Reacher), il aura une fois de plus fait parler de lui en réalisant lui-même les cascades les plus folles qu’on ait pu voir au cinéma. Le résultat est à la hauteur et Mission Impossible : Fallout s’impose facilement comme l’un des meilleurs blockbusters de l’année.

Un Mission Impossible spectaculaire

Plus que jamais, Mission Impossible : Fallout illustre le postulat du titre de la saga avec un sens du spectacle impressionnant. Alors que la promotion du film vantait, une fois de plus, la singularité des cascades pour mieux attiser la curiosité du spectateur, fort est de constater qu’on doit lui donner raison : “ça n’a jamais été fait auparavant”. Mission Impossible dégage toujours cette aura de film d’action inégalable, a fortiori à l’ère actuelle des fonds verts pour les blockbusters, pour la simple et bonne raison qu’il reprend la formule du film le plus old school qui soit. L’over-the-top de Mission Impossible évolue dans un cadre dont les contraintes sont intransigeantes, puisque ce sont celles de la réalité : Ethan Hunt est un héros, non pas tant parce qu’il a le pouvoir – la force, le réflexe, l’intelligence, la formation, etc – de réaliser l’impossible, mais parce ce qu’il se le permet et ose, tout en sachant, précisément, que c’est complètement délirant. Ce qui donne lieu, dans Fallout, à quelques piques d’auto-dérision qui font office de rappel à la réalité, dont l’une des plus efficaces a été aperçue dans la bande-annonce : “I’m jumping out a window !”.

Au même titre, pour quelque Mission Impossible que ce soit, les séquences d’action impressionnent aussi parce que le spectateur sait qu’il n’y a pas de subterfuge, de doublure ou de câbles, et que l’homme qui les accomplit n’est autre que Tom Cruise (à maintenant 56 ans !). Depuis tout ce temps, il va sans dire que l’homme est indissociable de la saga et en incarne le jusqu’auboutisme à l’écran, comme sur le tournage (quitte à se blesser au cours d’une cascade). Christopher McQuarrie, déjà à la réalisation de Rogue Nation, fait encore preuve d’une maestria technique sans accrocs. Les séquences de course-poursuite, déclinées à pied, en voiture, en hélicoptère, héritent d’une mise en scène dynamique inspirée, qui enchaîne trouvaille sur trouvaille, notamment dans l’incroyable traversée mouvementée de la capitale française. Fallout est infiniment généreux et, à ce titre, il s’agit bien de ne pas abuser de systématismes et de savoir se renouveler pour tenir en haleine sur plus de 15 minutes sans le moindre répit : pari réussi.

Un récit de plus en plus personnel

Ce qui a déjà été amorcé dans les précédents opus se confirme dans Fallout : inévitablement, la troupe de Mission Impossible est désormais bien plus que celle de simples collaborateurs. Étape obligée des sagas longues, reviennent ainsi autour de la figure de Hunt, celle de Benji Dunn (Simon Pegg) et de Luther (Ving Rhames), mais aussi l’excellente Isla (Rebecca Ferguson). Mission Impossible n’a jamais été un film d’action désincarné, non seulement parce qu’il ne cesse de ressasser l’humanité de Hunt, en ce qu’il peut être blessé et avoir peur, mais aussi et surtout parce qu’il en fait son moteur/son idéal. Comme il est compliqué de travailler au corps la personnalité d’un type qui ne cesse de courir, sauter de toit en toit et cogner à qui de droit, McQuarrie convoque des figures du passé et trace en filigrane le parcours d’un retour à la maison pour Hunt. Pour donner vie à un tel mythe du cinéma, il faut lui rappeler, et nous rappeler, qu’il a une histoire, un passé, une mémoire, des rêves et que ceux-là même semblent n’être (tragiquement) que des répétitions de l’avenir. Dans cet opus qui repose presque entièrement sur des réactions dans l’urgence, des “I’m working on it” contre les comptes-à-rebours dont le dit compte ne cesse évidemment de diminuer, Ethan Hunt est encore contraint de risquer le monde pour sauver le moment présent, hormis que, cette fois, il l’assume, parce que, eh bien, comme pour faire un saut en HALO, il peut se le permettre.

Comme toujours, plusieurs lignes narratives se croisent et se recoupent, incarnées par les différents agents en présence : CIA, MI6, le Syndicat… au milieu de tout cela, Mission Impossible opère comme ceux dont on a besoin, parce qu’ils n’obéissent précisément pas à “plus grand qu’eux”, gouvernement, politique, idéologie. Au même titre que l’action de ce Mission Impossible : Fallout est brute, toujours dans l’urgence, en réponse au personnage de Henri Cavill (qualifié de marteau), ses intentions sont les plus humaines qui soient et remettent en perspective les questions de sacrifice et d’héroïsme, à la mesure de l’individu (il n’est pas loin, paradoxalement, de faire écho au propos de Infinity War sur le même sujet !).

Il est dommage en revanche que l’opus qui l’affirme le plus frontalement, ne soit pas celui qui laisse au spectateur le temps d’un ancrage suffisant, autre que méta dans sa relation aux autres volets de la saga, pour en apprécier la substance émotionnelle. C’est finalement l’envers de la médaille : à être si généreux et si efficace, Mission Impossible : Fallout ne sera pas aussi surprenant dans son écriture, dont la reprise de l’habituel motif de “qui est qui”, même tournée en dérision, ne surprendra pas grand monde. On appréciera toutefois d’être pris à défaut par le scénario dans une scène qui réveille la nostalgie inattendue des “tricks” de la saga, sans réussir à surprendre par son twist. Cette fois, Ethan Hunt et McQuarrie ne font guère dans la nuance, de même que la bande-originale qui abuse quelquefois de percussions et cordes sans trouver sa propre identité. Sans forcément exiger quelques temps de relâchement, on serait en droit d’exiger une meilleure fluidité, un meilleur équilibre entre annonces explicatives et séquences vertigineuses.

Mission Impossible : Fallout est une nouvelle variation de la saga dont on saisit l’intention, le sens, et l’efficacité, qu’on adhère ou non à cette version-là, n’en reste pas moins un divertissement unique dont on ressort avec une seule envie : voir le prochain.

(4 / 5)

Réalisation : Christopher McQuarrie
Scénario : Christopher McQuarrie, Bruce Geller
Avec Tom Cruise, Henry Cavill, Rebecca Ferguson
Sortie française le 1 août 2018
Action

Les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous…
Dans MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT, Ethan Hunt accompagné de son équipe de l’IMF – Impossible Mission Force et de quelques fidèles alliées sont lancés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission.


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