Halloween

Quarante ans après la sortie du premier Halloween, David Gordon Green tente de faire revivre la saga sur grand écran. Avec Jamie Lee Curtis au casting, on était en droit d’espérer un hommage divertissant à l’un des films d’horreur cultes de l’histoire, malheureusement, on est loin d’être satisfait.

Halloween reprend à son compte l’atmosphère du premier film, en rejouant son générique et sa bande-originale mémorable. Nous ne sommes pas en territoire inconnu et le film ne manque pas de plans iconiques ou de punchlines efficaces : sans forcer l’auto-dérision, cette suite s’assume comme telle au premier degré, quitte à faire « datée ». Pour autant, il y a bien dans ce Halloween quelque chose de plus moderne dans l’écriture, notamment de la violence masculine des « non-tueurs », un peu plus consciente d’elle-même et ciblée qu’auparavant. Mais comme pour la plupart ses pistes thématiques et narratives, celle-ci finit bien par s’arrêter avant même qu’on s’y intéresse un peu.

En s’attardant sur la thématique de l’héritage et du traumatisme, Halloween ne fait qu’égratigner la surface d’un vaste sujet qui aurait mérité bien meilleur traitement. Si le film questionne bien la responsabilité parentale et le partage collectif presque forcé du traumatisme, il échoue à dramatiser et incarner véritablement ces enjeux, la faute à une succession de choix narratifs déstabilisants. Le film multiplie les personnages secondaires et déplace les scènes de crime en trois territoires distincts, dont chacun évoque évidemment des souvenirs de la franchise comme d’autres slashers, mais ce faisant, semble tuer toute intensité et frisson dans l’œuf. Résultat : on passe d’une scène à l’autre un peu comme le tueur va d’une victime à une autre, contraint de se diriger vers Laurie Strode, sans savoir pourquoi ni comment.

Le film manque singulièrement de mordant dans son final attendu, et s’avère paradoxalement plus efficace quand il met en scène des meurtres de victimes inconnues. À ce titre, David Gordon Green offre au moins une séquence marquante : le parcours du tueur dans la banlieue animée par les enfants déguisés, alors qu’il traverse les maisons comme les époques, en dit long sur le lieu de naissance du mal par les plus simples moyens. David Gordon Green tenait pourtant une bonne idée avec ce renvoi de Laurie Strode au tueur, qu’il exploite par moments avec réussite dans sa mise en scène, mais comme toutes les autres, on ne fera qu’en effleurer la surface. Heureusement, Jamie Lee Curtis est là.

Le Halloween de 2018 n’est décidément pas à la hauteur du tout premier film, ni même une proposition moderne réellement efficace. Pourtant intéressant thématiquement, le film s’éparpille et déçoit dans ses confrontations les plus attendues.

(2,5 / 5)

Réalisation : David Gordon Green
Scénario : David Gordon Green, Danny McBride, Jeff Fradley
Avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak
Sortie française le 24 octobre 2018
Horreur

Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tôt.


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